AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 bakaiedspjqdsp

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Razvan Iaeck
Admin
avatar

Messages : 38
Date d'inscription : 07/03/2015

MessageSujet: bakaiedspjqdsp   Mer 11 Oct - 16:30

Brume nocturne aux essences d'hydrocarbures, se lève un voile blanchâtre acre qui tapisse la pièce de son épais manteau. Les odeurs de cendres mêlées au tabac froid ancré dans les meubles, chatouillent les narines endormies des habitués de la zone. Razvan sommeille dans une attente impatiente où s’entre-tuent empressement et nervosité, syndrome de l'anxieux au quotidien chamboulé par sa lionne à la chevelure dorée, longtemps évaporée. Ses phalanges dansent autour de son bâton de feu, tandis que ses opales scrutent les vagues de fumé dans leur virée éphémère. Son palpitant bat la cadence des minutes, celles qui s'écoulent d'une lenteur accablante alors que son absence résonne dans son squelette comme cette alarme qu'il aimerait tant faire taire. Ta pute elle fout quoi ? Les remarques fusent, claquent contre son épiderme électrique, le visage impassible, l'air ailleurs. Razvan bloque, mâchoire crispée, sous ces termes dégradants à l'égard d'êtres aux atouts sensuels utilisés et usés à des fins caritatives qui ne profitent qu'aux moins démunis. Et si abaisser les femmes à de simples objets de sexe, outil attisant les désirs et faisant claquer les billets sur leurs culs avant de les laisser tomber dans la poche de l'homme aux commandes, souvent fétide, avait le don de soulever le gamin à la morale polie, ce n'est que l'identité de sa pute qui peut le mettre dans tous ses états. D'instinct, ses narines se gonflent alors que son imaginaire dévoile ses excès de colère, qui le mène à se figurer son crâne explosée, sa matière grise comme nouveau papier peint.
C'est pas son truc à Razvan, les corps qui se trémoussent pour de l'oseille. Le solitaire préfère la compagnie de l'acier à celle d'âmes plus paumées que la sienne. Il ne veut pas de ce job, de cette mission suicide, cette mise à l'épreuve masquée par des sourires de glaces et des compliments métaphores. Et il la déteste d'autant plus pour ça, cette dite pute qu'il se doit de garder, comme un toutou qu'il mènerait faire ses besoins, lui le babysitter d'une gosse jouet de ces matous, sensuel, sexuel. Et ça l’écœure rien que de la penser stigmatisée, comme ces autres, ces inconnues qu'il ne regarde que de loin, en coin, l'oeil vide bouffé d'une empathie fantôme. Scar, comme cette balafre à la gueule ou pire, celle qu'elle a laissé d'une empreinte intemporelle sur son myocarde suturé aux agrafes. Ses ongles se cognent et envoient valser le mégot abîmé par ses lèvres brutes. Qu'il s'enflamme et fasse grimper les flammes sur cet eden charnel, les enfers ne sont pas loin.
La dégaine du sud se mêle avec aisance au bitume qu'il frôle durement, l'air nonchalent mais le palpitant lourd, les dents serrées signe de son encéphale en sur-régime, les pensées avalanches qui se fracasse contre son crâne migraineux. Ton brut et voix rauque suffisent à faire déguerpir le chauffeur pompeux qui détonne avec la banlieue, lui et ses balbutiements échappés d'entre ses lèvres tremblotantes. Pauvre type désemparé, bien satisfait de quitter la zone pour retourner dans son cocon de confort. Il put les Capulet, la richesse sale, qui devraient mieux sélectionner les employés qu'ils envoient en dehors de leurs terres. L'ombre d'une femme se dresse à l'orée de la bâtisse dont Razvan gravit les marches à la hâte, la pompe arythmique, les sens déployés. L'effet Scar infaillible malgré les années qui passent. Sa mémoire sensorielle joue de son tempérament impassible. Ses souvenirs d'années communes se pressent contre sa poitrine en feu, sa cage thoracique devenue cage de prison, lui prisonnier de ces sentiments laissés à l'abandon. Scar se veut revêche, provocatrice, le menton dressé d'une fierté malsaine et les opales scintillantes de cette rage de vaincre. « Attendue pour faire le tapin, ouais. » Qu'importe où elle aille, qu'importe le rendez-vous qu'elle assure, Scar est bonne pour faire le tapin ce soir, que ce soit sur le compte de l'un ou l'autre des gangs qu'elle dit détester. « Comme celles d'avaler les queues de tes petits copains friqués. » Comique de répétition qui n'a rien d'hilarant, Razvan sent ses traits se tirer sous la charges émotionnelles. Lui qui a laissé tomber tout ressentiment durant des années, lutte contre l'agneau fragile qu'il a si promptement repoussé. Mais rien en lui ne laisse la joie d'une victoire à Scar, pas un tressautement perceptible, juste cet air froid, ailleurs, impassible. Razvan s'efforce de garder les mains dans les poches, le regard ailleurs que sur cette chair si familière, parce qu'elle joue de sa provocation, Scar. Elle et ses fringues luxueuses tâchées du sang des traîtres nordistes, qui font d'elle cette traîtresse pourrie jusqu'à la moelle.
Il n'a rien à faire ici, Razvan, au coeur des deals humains. Et c'est de sa faute, à elle, s'il se retrouve coincé dans des litiges. C'est de sa faute, à elle s'il se retrouve les pieds dans la merde, l'odeur du sexe sur la gueule, des femmes cyprines. Si ça lui ronge les tripes de se dire que celle qui a un jour atteint son coeur prisonnier se retrouve la gueule ouverte à sucer des queues d'hommes fétides, il se rassure en se disant que cette nana n'existe plus, qu'elle a disparue, toujours loin de lui. Dans ce loin ailleurs, celui où elle est partie, a fuit, d'une trahison ancienne douloureusement pansée. Et c'est pour ça qui la déteste autant, pour ça et pour tant d'autres choses encore. Son audace manque d'exciter le mâle, Scar qui joue la provocation comme carte maîtresse, elle ne fait qu'attiser son désir de garder le masque peint sur sa tronche déformée. Le dominant en lui sent cette envie qui boue jusqu'à ses phalanges, celle de l'envoyer valser contre le mur et de la dévorer, d'une manière ou d'une autre. Lui cracher à la gueule le manque qu'il sent dans ses veines ou cette haine qui contamine son corps.

_________________

J'attends sous les néons le néant ou l'étincelle. qui remarque les fissures sur ces vitres perdues ? casse moi ou casse toi -- grand blanc, tendresse  

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://landoftheliving.forumactif.org
 
bakaiedspjqdsp
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
INDIGO HOME :: Votre 1ère catégorie :: Votre 1er forum-
Sauter vers: